Les trois challenges techniques de l’asset tracking

Suivre une flotte automobile de commerciaux qui se déplacent dans une seule et même région est différent du suivi d’une flotte de poids lourds circulant en Europe, et encore plus d’un porte-conteneurs entre deux continents. Plusieurs problèmes se posent lors du suivi d’entités mobiles à travers plusieurs pays ou plusieurs continents.

1. Gestion du handover

Le handover est un terme signifiant le relais de connexion d’un objet connecté entre deux antennes. Si vous parcourez plusieurs dizaines de kilomètres en voiture, votre téléphone reste connecté au réseau en continu, passant d’une antenne à une autre sans coupures.
Le terme de handover est aussi utilisé pour le passage d’une connexion cellulaire à une connexion Wifi, ou entre plusieurs opérateurs.
Certaines technologies intègrent nativement la gestion du handover, comme le cellulaire classique (voix, SMS) ou le LTE-M (réseau bas débit). Ils sont adaptés aux usages classiques de l’asset tracking (simple envoi de la position), et peu gourmands en bande passante.

 

2. Gestion du roaming

Le roaming, le changement d’opérateur au-delà des frontières, est un problème autant technique que commercial :

 

  • Technique parce que les fréquences, les protocoles et les éléments du réseau diffèrent entre les pays.
  • Commercial parce qu’il est nécessaire d’avoir des accords signés avec chaque pays traversé par le tracker géolocalisé pour que sa connexion cellulaire soit maintenue.

Depuis une dizaine d’années, des efforts ont été faits aussi bien par les pouvoirs politiques (notamment la Commission européenne) que par les opérateurs téléphoniques, et de nouvelles solutions technologiques ont vu le jour comme la carte Machine to Machine multi-opérateur pour basculer automatiquement entre plusieurs opérateurs.

 

3. Gestion de la batterie

Comme pour tout objet connecté, l’optimisation de la batterie est l’un des enjeux majeurs. La solution la plus commune est l’optimisation de la fréquence de remontée des données.

 

Prenons l’exemple d’un engin de chantier :

 

  • Le tracker peut être alimenté par le moteur (comme un autoradio) et envoyer la position en continu. Cette solution a souvent peu d’intérêt, elle consomme de l’énergie inutilement et crée des volumes de données inutiles.
  • La seconde solution est d’équiper le tracker d’un accéléromètre qui va détecter des mouvements pertinents pour envoyer une information : démarrage le matin, départ du chantier pour récupérer des matériaux, etc. Cela peut aussi être configuré dans le sens inverse (alerte lorsque l’engin reste à l’arrêt longtemps).
  • Il est possible de ne reporter qu’à heures fixes, par exemple aux heures d’embauche et de débauche des ouvriers. Dans ce cas, la position sera envoyée chaque jour à 8h du matin et à 17h.
  • Enfin la dernière possibilité est d’avoir la position uniquement à la demande. Dans ce cas, le terminal restera en veille quasi totale tout le temps et n’enverra sa localisation que si une demande lui est envoyée.

Il est également possible de se pencher sur le type de connectivité pour optimiser la durée de vie d’une batterie en optant pour la technologie LPWAN par exemple.