La réponse courte
Non. Depuis le 25 mai 2018 et l'entrée en application du RGPD, la déclaration préalable à la CNIL n'existe plus pour les traceurs GPS professionnels. Ce formulaire administratif a été supprimé. Mais attention : la simplification administrative n'a pas supprimé les obligations — elle les a alourdies. Ce qui remplace la déclaration est bien plus exigeant que le simple envoi d'un formulaire.
Chaque semaine, des responsables RH et des gestionnaires de flotte nous posent la même question : "On doit déclarer les traceurs GPS à la CNIL ?" Beaucoup ont encore en tête les formulaires CERFA de l'ancien régime. La réponse est non — mais cela ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire. Bien au contraire.
L'ancien régime : la déclaration CNIL (avant mai 2018)
Avant le RGPD, la loi Informatique et Libertés de 1978 imposait une formalité préalable auprès de la CNIL avant tout traitement de données personnelles. Pour les traceurs GPS professionnels, cela se traduisait par :
- Un formulaire de déclaration normal pour les usages courants (antivol, gestion de tournées)
- Une demande d'autorisation pour les usages sensibles (suivi du temps de travail)
- Un numéro de déclaration délivré par la CNIL, à conserver
Ce système avait un défaut majeur : il créait une fausse sécurité. Les entreprises déclaraient — et pensaient être en règle. La qualité réelle de leur traitement (information des salariés, proportionnalité, durées de conservation) était peu vérifiée. Le RGPD a renversé cette logique.
Ce qui a changé avec le RGPD le 25 mai 2018
Le 25 mai 2018, le RGPD a abrogé le système de déclaration préalable dans toute l'Union européenne. La logique de contrôle ex ante (avant le traitement) a été remplacée par une logique de responsabilisation ex post (l'entreprise est responsable en permanence et doit pouvoir démontrer sa conformité).
⚠️ L'erreur à ne pas commettre : confondre "plus de déclaration" avec "moins d'obligations". C'est l'inverse. La responsabilisation RGPD est exigeante précisément parce qu'elle ne repose plus sur une formalité administrative — elle repose sur la qualité réelle de votre traitement, documentée et justifiable à tout moment.
Ce qui remplace la déclaration : le registre des activités de traitement
L'article 30 du RGPD impose à chaque responsable de traitement de tenir un registre des activités de traitement. Ce registre est l'outil central de la conformité RGPD. Il n'est pas envoyé à la CNIL — il est conservé en interne et doit être présenté sur demande lors d'un contrôle.
Pour votre traitement de géolocalisation GPS, votre registre doit documenter :
✅ Format libre : le registre peut être tenu sur papier, en Excel, dans un logiciel dédié ou via les outils de votre DPO. La CNIL met à disposition un modèle de registre sur son site (cnil.fr). L'important est qu'il soit tenu à jour, consultable et présentable en cas de contrôle.
Le bon processus en 2026 — ce qu'il faut faire à la place de la déclaration
Identifiez précisément pourquoi vous déployez des traceurs GPS : antivol uniquement ? Optimisation des tournées ? Preuve des interventions ? Chaque finalité doit être documentée, avec la base légale correspondante.
Si votre entreprise compte au moins 11 salariés, le CSE doit être informé et consulté avant tout déploiement (art. L.2312-38 CT). Conservez le procès-verbal. Sans cette étape, vous commettez un délit d'entrave distinct des violations RGPD.
Information individuelle écrite obligatoire : existence du traceur, finalités, durée de conservation, droits du salarié, coordonnées du responsable. Avenant au contrat de travail ou note de service cosignée. L'affichage collectif seul ne suffit pas.
2 mois pour l'antivol courant, 1 an pour l'optimisation des tournées, 5 ans pour le suivi du temps de travail. Activez la suppression automatique à l'échéance — ne pas le faire est une violation du RGPD même si les données ne sont "pas utilisées".
Votre plateforme de géolocalisation est votre sous-traitant au sens de l'article 28 RGPD. Votre contrat doit inclure les clauses obligatoires sur les obligations de sécurité, de confidentialité et de gestion des violations de données.
Les 4 idées reçues persistantes sur la déclaration CNIL et les traceurs GPS
1. "On a déclaré à la CNIL en 2015 — on est en règle."
Faux. L'ancienne déclaration a été caduque en mai 2018 avec le RGPD. Le fait d'avoir déclaré sous l'ancien régime ne crée aucune conformité continue. Votre situation actuelle doit être réévaluée à l'aune des obligations RGPD en vigueur.
2. "La CNIL n'est pas au courant qu'on a des traceurs GPS — donc pas de risque."
Le RGPD a justement supprimé le mécanisme qui informait la CNIL des traitements. La CNIL n'attend plus de déclaration — mais elle peut contrôler à tout moment sur plainte d'un salarié ou par initiative propre. Et en cas de contrôle, c'est votre registre et vos pratiques qui sont évalués, pas une déclaration.
3. "On a informé les salariés oralement lors d'une réunion d'équipe — ça suffit."
Non. L'information doit être individuelle et écrite. Une réunion collective avec une information orale générale est insuffisante. Chaque salarié concerné doit recevoir une information écrite personnelle, datée, avec accusé de réception idéalement.
4. "On stocke les données GPS depuis 3 ans — les garder ne coûte rien."
Conserver des données GPS au-delà des durées légales est une violation du RGPD, même si les données ne sont pas utilisées activement. La durée maximale pour l'usage courant est de 2 mois. Conserver 3 ans sans justification vous expose à une sanction CNIL.
Faut-il encore déclarer un traceur GPS à la CNIL en 2026 ?
Qu'est-ce qui remplace la déclaration CNIL pour un traceur GPS ?
Que risque-t-on si on n'a pas de registre de traitement ?
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