Est-ce légal de tracer quelqu’un ? Les limites légales des traceurs GPS
RÉPONSE DIRECTE
Tracer quelqu’un sans consentement est un délit pénal (Art. 226-1 du Code pénal). Pour les entreprises, la géolocalisation des véhicules est autorisée sous conditions : informer les salariés, consulter le CSE, respecter le RGPD. Dans la sphère privée, seul le suivi des enfants mineurs à des fins de protection est admis. Sanctions : jusqu’à 1 an de prison et 45 000 € d’amende pour les particuliers, jusqu’à 20 millions d’euros pour les entreprises.
Le principe du consentement
En France, localiser une personne à son insu — via un traceur GPS, une application mobile ou tout autre dispositif — est un délit pénal. Pas une infraction administrative, pas une simple amende. Un délit.
Article 226-1 du Code pénal : est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en captant, enregistrant ou transmettant, sans son consentement, des informations permettant de localiser une personne.
L’interprétation jurisprudentielle est établie : installer un dispositif permettant de suivre les déplacements d’une personne sans son accord entre dans le champ de cet article. Le consentement doit être informé, explicite et libre — pas une clause perdue dans un contrat de 40 pages. Une information claire, avant le début du traçage, visant la personne tracée elle-même.
💡 À noter : si votre véhicule est régulièrement conduit par d’autres personnes — livreur, commercial, conjoint — ces personnes doivent également être informées. Le propriétaire du bien ne peut pas consentir à la place des utilisateurs.
Les employeurs peuvent-ils tracer leurs salariés ?
C’est le cas le plus fréquent — et celui où les entreprises font le plus d’erreurs. Oui, un employeur peut équiper ses véhicules d’une solution de géolocalisation professionnelle. Mais le cadre légal est précis, et l’ignorer expose à des sanctions sévères et cumulables.
Ce que dit le Code du travail (L.1121-1, L.1222-3)
Deux articles du Code du travail encadrent directement la géolocalisation des salariés :
Article L.1121-1
Aucune restriction aux libertés individuelles ne peut être imposée si elle n’est pas justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché. Toute surveillance doit être nécessaire et proportionnée.
Article L.1222-3
L’employeur doit informer le salarié de tout dispositif permettant de collecter des informations personnelles le concernant. Cette information doit être préalable à la mise en place du traitement.
Ces deux textes posent les trois piliers de la légalité : nécessité, proportionnalité, information préalable. Un traceur déployé sans respecter ces conditions est contestable devant les prud’hommes — indépendamment des sanctions CNIL.
Usages autorisés par la CNIL
La CNIL admet la géolocalisation des véhicules professionnels uniquement pour des finalités précises et légitimes. En dehors de ces cas, même avec information préalable, l’usage est illégal.
| Usage autorisé | Exemple concret |
|---|---|
| Transport et facturation de prestations | Horodatage des livraisons, preuve de passage chez un client |
| Sécurité des véhicules et des marchandises | Antivol, récupération en cas de vol, alerte sortie de zone |
| Allocation optimale des moyens | Envoi du technicien le plus proche en cas de dépannage urgent |
| Contrôle du temps de travail | Uniquement si aucun autre moyen n’est disponible pour ce contrôle |
Usages interdits : ce que la loi prohibe
Ces interdictions s’appliquent même si les salariés ont été informés de l’existence du traceur. La finalité légitime déclarée doit correspondre à l’usage réel — tout détournement est sanctionnable.
| Usage interdit | Pourquoi c’est illégal |
|---|---|
| Surveillance permanente et continue des déplacements | Disproportionné — contraire à L.1121-1 et aux recommandations CNIL |
| Contrôle des vitesses de conduite | Finalité non admise par la CNIL pour la géolocalisation GPS |
| Géolocalisation en dehors des heures de travail | Atteinte à la vie privée — le droit à la déconnexion s’applique |
| Suivi des VRP et commerciaux dans leurs déplacements libres | Leur autonomie d’organisation leur confère une protection renforcée |
💡 Principe de finalité : les données collectées ne peuvent être utilisées qu’aux fins déclarées. Un traceur déployé pour la sécurité ne peut pas ensuite servir à contrôler les horaires — c’est un détournement de finalité sanctionnable par la CNIL.
Types de véhicules et règles applicables
| Type de véhicule | Consentement requis ? | Déconnexion hors travail |
|---|---|---|
| 100 % professionnel (aucun usage privé) | Non — information suffit | Non autorisée pendant les heures de travail |
| Véhicule de fonction (usage mixte pro/perso) | Non — information suffit | Obligatoire hors temps de travail |
| Véhicule personnel du salarié | Oui — consentement obligatoire | Oui à tout moment |
Droits des salariés et bouton « vie privée »
Pour les véhicules à usage mixte (voiture de fonction utilisée aussi à titre privé), le salarié dispose d’un droit à la déconnexion en dehors de ses heures de travail. Ce droit se matérialise par un bouton ou une fonction dans l’interface de la plateforme de géolocalisation permettant de suspendre la transmission des données.
Soir et week-end
Le salarié peut désactiver la géolocalisation hors temps de travail. L’employeur ne peut pas accéder à ces données personnelles.
Congés et arrêts maladie
La géolocalisation doit être suspendue. Conserver des données de déplacement pendant un congé est illégal.
Droit d’accès (RGPD Art. 15)
Chaque salarié peut demander à consulter les données GPS collectées le concernant. L’employeur dispose d’un mois pour répondre.
Droit à l’effacement
À la fin du contrat, les données personnelles du salarié doivent être supprimées dans les délais légaux.
Obligation de consulter le CSE
Avant tout déploiement d’un dispositif de géolocalisation, l’employeur est tenu de consulter le Comité Social et Économique (CSE), conformément à l’article L.2312-38 du Code du travail. Le CSE doit être informé des caractéristiques du dispositif — données collectées, finalité, durée de conservation — et rendre un avis avant la mise en place.
Déployer un traceur GPS sans consulter le CSE constitue un délit d’entrave — une infraction pénale distincte des obligations CNIL. Les deux sanctions sont cumulables.
Durée de conservation des données GPS
La CNIL fixe des durées maximales impératives. Passé ces délais, la suppression des données est obligatoire et automatique.
| Usage de la donnée GPS | Durée maximale | Source |
|---|---|---|
| Suivi temps réel et historique de déplacements | 2 mois | CNIL |
| Optimisation des tournées / preuves de prestation | 1 an | CNIL |
| Gestion et contrôle du temps de travail | 5 ans | CNIL |
Sanctions CNIL et pénales : exemples réels
Amende CNIL — 30 000 €
Flotte équipée sans information des salariés. Une PME a déployé des traceurs GPS sur l’ensemble de sa flotte sans informer ses équipes. Saisie par un salarié, la CNIL a condamné l’entreprise et imposé une reprise complète de la procédure. Le fait que les véhicules appartiennent à l’entreprise ne suffit pas.
Prud’hommes — licenciement requalifié
Données GPS utilisées sans information préalable. Des données de géolocalisation ont été écartées par le conseil des prud’hommes car collectées sans information préalable du salarié. Le licenciement a été requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec indemnités à la clé.
RGPD — jusqu’à 20 millions d’euros
Violation grave du RGPD. En cas de traitement massif sans base légale, les sanctions RGPD peuvent atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu.
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Respect de la vie privée
La vie privée est un droit fondamental protégé par la Constitution française et la Convention européenne des droits de l’homme. En matière de géolocalisation, ce principe se traduit par une règle simple : toute personne a le droit de contrôler les informations relatives à ses déplacements. Nul ne peut y accéder sans son accord.
Cette protection s’applique dans toutes les sphères — professionnelle, familiale, personnelle. Elle ne cède que face à des exceptions strictement définies par la loi : la protection d’un enfant mineur, la sécurité des biens que l’on possède, et les enquêtes judiciaires menées par les forces de l’ordre dans un cadre légal.
Localiser le téléphone d’une tierce personne — conjoint, ami, proche — sans son accord constitue une atteinte à la vie privée au sens de l’article 226-1. Dans un contexte de harcèlement ou de stalking, cela peut cumulativement relever de l’article 222-33-2-2 du Code pénal. Les sites qui promettent de « localiser un numéro de téléphone gratuitement » sont soit des arnaques, soit des violations de la loi : les opérateurs ne transmettent ces données que sur réquisition judiciaire.
Sphère familiale
C’est dans la sphère familiale que les demandes sont les plus fréquentes — et les malentendus les plus courants. Le droit ne fait pas de sentiment : le lien affectif ne remplace pas le consentement.
Le cas du conjoint. C’est là où beaucoup de personnes se brûlent. Intuitivement on se dit « c’est ma voiture, je fais ce que je veux ». Sauf que si votre conjoint conduit le véhicule, vous tracez ses déplacements. Et ça, c’est illégal sans son accord — quel que soit l’état de la relation.
En contexte conjugal : jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende. Un particulier a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour avoir installé un traceur sous la voiture de son ex-conjoint pendant une procédure de divorce. Le traceur avait été découvert lors d’une révision mécanique — et les données de l’opérateur réseau ont permis de remonter jusqu’à lui.
Le cas des enfants mineurs. Tracer votre enfant mineur est autorisé dans un but de protection — savoir où il est, s’assurer qu’il rentre de l’école, localiser son téléphone en cas de perte. L’enfant doit être informé selon son âge. La surveillance doit rester proportionnée : un suivi permanent et intrusif de tous ses déplacements jusqu’à 18 ans peut être contesté.
Le cas du proche ou de l’ami. Aucune exception ici. Un ami adulte, un parent âgé, un frère — il faut son consentement explicite. Les applications de localisation partagée (Google Maps, Find My…) sont légales précisément parce que les deux parties acceptent le partage et peuvent l’arrêter à tout moment.
Surveillance des véhicules et objets
Une règle simple s’applique ici : vous pouvez surveiller ce qui vous appartient, à condition de ne pas surveiller les personnes qui l’utilisent sans leur accord.
Installer un traceur GPS voiture sur votre propre véhicule pour vous protéger contre le vol est parfaitement légal. Si vous seul conduisez ce véhicule, aucune autre démarche n’est requise. Si d’autres personnes l’utilisent régulièrement — membre de la famille, employé de maison, proche — elles doivent en être informées.
Le même principe s’applique aux objets de valeur : remorque, camping-car, équipement professionnel, loueurs de véhicules ou de matériel. La géolocalisation est légale dès lors qu’elle vise à protéger le bien et non à surveiller les personnes qui l’utilisent à leur insu.
Votre propre véhicule
Légal sans restriction si vous seul l’utilisez. Information requise si d’autres personnes le conduisent régulièrement.
Matériel et engins BTP
Légal pour protection contre le vol. Le traceur pour le BTP permet aussi la gestion d’actifs et la facturation chantier.
Flotte de véhicules
Légal avec information des salariés et consultation du CSE. La gestion de flotte logistique est l’un des usages les plus courants.
Objets de valeur
Légal pour protéger vos biens : remorque, bateau, équipements coûteux. Aucune contrainte particulière si vous êtes le seul à les utiliser.
Conformité RGPD : les 5 étapes pour les entreprises
Depuis mai 2018, les entreprises n’ont plus à déclarer à la CNIL leurs systèmes de géolocalisation. Mais les obligations substantielles persistent. Voici le parcours de conformité pour déployer un traceur de flotte sans risque.
Vérifier si un DPO est requis
Si votre entreprise traite des données personnelles à grande échelle, un Délégué à la Protection des Données (DPO) est obligatoire. Impliquez-le dès le début du projet de géolocalisation — il peut vous éviter des erreurs coûteuses avant le déploiement.
Réaliser une analyse d’impact (AIPD) si nécessaire
Pour les flottes importantes ou les usages sensibles, une Analyse d’Impact sur la Vie Privée (AIPD / PIA) peut être requise. Elle évalue les risques du traitement et les mesures pour les réduire. Pas forcément nécessaire pour une petite flotte avec un usage simple et bien défini.
Inscrire le dispositif dans le registre des traitements
Toute collecte de données doit figurer dans le registre des activités de traitement. Ce document interne doit mentionner : finalité, données collectées, durée de conservation, mesures de sécurité. La CNIL peut le demander lors d’un contrôle.
Informer les salariés et consulter le CSE
Note interne datée, avenant au contrat, courrier individuel — la forme importe moins que la preuve. Vous devez démontrer que chaque salarié a été informé avant le début du traçage. Parallèlement, consultez le CSE (Art. L.2312-38) et conservez son avis. Les deux preuves sont indispensables.
Mettre en place les mesures de sécurité
Chiffrement des données, accès restreint aux personnes habilitées, suppression automatique à l’échéance, bouton « vie privée » activé pour les véhicules mixtes. En cas de violation de données, l’entreprise est responsable et doit notifier la CNIL sous 72 heures.
📎 La CNIL a publié une fiche pratique sur la géolocalisation des véhicules de salariés — c’est la référence officielle. À lire obligatoirement avant tout déploiement.
À retenir
Tracer sans consentement = illégal
Art. 226-1 Code pénal : 1 an de prison et 45 000 € d’amende. Peines doublées en contexte conjugal.
Entreprise : informer + consulter le CSE
Information individuelle préalable de chaque salarié ET consultation du CSE (Art. L.2312-38) avant tout déploiement.
Usages autorisés CNIL
Sécurité des véhicules, facturation de prestations, allocation de moyens, contrôle temps de travail si aucun autre moyen.
Usages interdits CNIL
Surveillance permanente, contrôle des vitesses, géolocalisation hors temps de travail, suivi des commerciaux libres.
Conservation : 2 mois → 5 ans
2 mois (historique standard), 1 an (preuves prestation), 5 ans (temps de travail). Suppression obligatoire à l’échéance.
Droit à la déconnexion
Véhicule de fonction : le salarié peut désactiver la géolocalisation hors temps de travail via le bouton « vie privée ».
Questions fréquentes
Un employeur peut-il installer un traceur GPS sans prévenir ses salariés ?
Non. L’information préalable et individuelle est obligatoire avant tout déploiement (Art. L.1222-3 Code du travail). L’absence d’information expose l’employeur à des sanctions CNIL et prud’homales — cumulables. Le fait que les véhicules appartiennent à l’entreprise ne suffit absolument pas.
Le salarié peut-il refuser la géolocalisation de son véhicule de société ?
Pendant les heures de travail, non — si l’employeur a respecté la procédure d’information et justifie d’une finalité légitime. En dehors du temps de travail, le salarié peut activer le bouton « vie privée » sur les véhicules à usage mixte. Si l’entreprise n’a pas respecté ses obligations, le salarié peut saisir la CNIL ou les prud’hommes.
Combien de temps un employeur peut-il conserver les données GPS de ses salariés ?
Selon la CNIL : 2 mois pour l’historique standard de déplacements, 1 an pour l’optimisation des tournées et les preuves de prestation, 5 ans pour la gestion du temps de travail. La suppression des données à l’échéance est obligatoire — la conservation au-delà est une infraction.
Les VRP et commerciaux peuvent-ils être géolocalisés ?
Oui, sous conditions renforcées. Leur autonomie dans l’organisation de leurs déplacements leur confère une protection accrue. La géolocalisation doit se limiter à des finalités précises et déclarées — sécurité, facturation, suivi du temps de travail si aucun autre moyen n’est possible. Le contrôle permanent de leurs déplacements libres est interdit.
Puis-je tracer le téléphone de mon enfant mineur ?
Oui, dans un but de protection. L’enfant doit être informé selon son âge — pas nécessairement pour obtenir son consentement formel, mais la transparence est fortement recommandée. La surveillance doit rester proportionnée : un suivi permanent et intrusif de tous les déplacements d’un adolescent peut être remis en cause juridiquement.
Est-il légal de tracer la voiture de mon conjoint ?
Non, sans son consentement explicite. Le mariage ou la vie commune ne donne aucun droit de surveiller les déplacements de l’autre à son insu. Si le véhicule est commun, installer un traceur sans accord est un délit pénal — avec des peines aggravées en contexte conjugal : 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende.
Que risque-t-on à tracer quelqu’un sans consentement ?
Jusqu’à 1 an de prison et 45 000 € d’amende pour un particulier (Art. 226-1 Code pénal). En contexte conjugal : 2 ans et 60 000 €. Pour une entreprise en infraction RGPD : jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du CA mondial. Les condamnations sont réelles — les traceurs ne sont pas anonymes et les opérateurs réseau répondent aux réquisitions judiciaires.
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Lire l’article →Introduction: Est-il légal de tracer quelqu'un ?
L’utilisation des traceurs GPS est devenue courante, que ce soit pour localiser un véhicule, surveiller un employé ou assurer la sécurité d’un proche. Cependant, cette technologie soulève d’importantes questions légales. Peut-on tracer quelqu’un sans son consentement ? Quelles sont les limites fixées par la loi ?
Dans cet article, nous analyserons en détail la légalité des traceurs GPS, les différents cas d’usage autorisés et les sanctions encourues en cas d’abus. Nous verrons aussi comment les entreprises et particuliers peuvent utiliser ces technologies en toute conformité avec la loi
1. Le principe du consentement
En France comme dans de nombreux pays, il est illégal de tracer quelqu’un à son insu. L’article 226-1 du Code pénal interdit toute atteinte à l’intimité de la vie privée par un dispositif permettant la localisation d’une personne sans son accord.
« Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de capter, enregistrer ou transmettre, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel. » – Article 226-1 du Code pénal.
Exceptions :
- Le consentement express de la personne tracée.
- Le suivi d’un enfant mineur par ses parents.
- Une obligation légale (ex. bracelet électronique pour condamnés judiciaires).
2. Les employeurs peuvent-ils tracer leurs salariés ?
Un employeur peut utiliser un traceur GPS sur les véhicules professionnels sous certaines conditions :
- Informer préalablement les salariés.
- Justifier cette surveillance par un intérêt légitime (ex. gestion de flotte, sécurité des employés).
- Respecter le droit à la vie privée : il est interdit de tracer un salarié en dehors des heures de travail.
Violation = Sanctions ! La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) est très stricte sur ces points et sanctionne les entreprises qui abusent des traceurs GPS.
Nous vous encourageons à consulter le site de la CNIL: ici
Les employeurs doivent obligatoirement informer leurs salariés de l’installation de balises GPS sur leurs véhicules professionnels. Si cette mise en place ne respecte pas les conditions définies par la CNIL, les employés sont en droit de s’y opposer. Les informations collectées – telles que les dates et heures de circulation ou encore les trajets effectués – doivent rester accessibles aux employés à tout moment.
Un salarié a également le droit de désactiver la collecte et la transmission des données de géolocalisation en dehors de ses heures de travail. Toutefois, cette désactivation doit impérativement être réalisée hors du temps de travail, l’employeur disposant d’un droit de contrôle sur la fréquence et la durée des interruptions. En cas d’abus, l’employeur peut exiger des justifications et, le cas échéant, appliquer des sanctions.
Concrètement, les données pouvant être enregistrées dans le cadre de la géolocalisation incluent : le nom et prénom du salarié, ses coordonnées professionnelles, son matricule interne, le numéro d’immatriculation du véhicule, les informations relatives aux déplacements et les données complémentaires associées à l’utilisation du véhicule.
Ces informations ne peuvent être communiquées à des tiers que si cela est strictement nécessaire et justifié par un intérêt légitime. Par exemple, ni un client ni un donneur d’ordre ne peut exiger d’accéder aux données collectées dans le cadre de la géolocalisation des employés.
Durée de conservation des données de géolocalisation
En principe, les données issues de la géolocalisation ne doivent pas être conservées au-delà de deux mois. Toutefois, certaines exceptions existent :
- Optimisation des prestations ou suivi des interventions : conservation jusqu’à un an.
- Suivi du temps de travail : conservation possible jusqu’à cinq ans.
Ces durées doivent être évaluées au cas par cas en fonction des obligations légales et des usages spécifiques.
3. Les limites légales de l'utilisation des traceurs GPS: Respect de la vie privée
La RGPD (Réglementation Générale sur la Protection des Données) impose des restrictions sur la collecte et l’utilisation des données personnelles. Toute entreprise utilisant un traceur GPS doit :
- Obtenir un consentement clair et éclairé.
- Préciser les finalités du traitement des données.
- Assurer la sécurité des données recueillies.
4. Les limites légales de l'utilisation des traceurs GPS: Utilisation des traceurs GPS dans la sphère familiale
Tracer un enfant mineur est autorisé dans un but de protection. En revanche, placer un traceur GPS sur le téléphone ou la voiture de son conjoint sans son consentement peut être assimilé à une atteinte à la vie privée.
Risque :
- Amende jusqu’à 45 000 euros.
- Peine de prison
5. Les limites légales de l'utilisation des traceurs GPS: Surveillance des véhicules et objets
Il est parfaitement légal de tracer un objet ou un véhicule vous appartenant. Cependant, si le véhicule est utilisé par une autre personne, il faut l’informer préalablement.
Vous êtes une entreprise: comment faire ? Comment se conformer aux règles du RGPD pour l'utilisation des traceurs GPS ?
L’utilisation des traceurs GPS est strictement encadrée par la loi. Sans consentement explicite, tracer une personne est illégal et puni par la loi. Cependant, il existe des exceptions pour les employeurs, les parents et certaines obligations judiciaires. Avant d’installer un traceur GPS, assurez-vous de respecter les obligations légales afin d’éviter toute sanction.
Voila quelques jurisprudences :
- Affaire d’un employeur sanctionné pour surveillance excessive de ses salariés (CNIL, 2022): Une entreprise a été condamnée pour avoir utilisé des traceurs GPS sur ses véhicules sans informer ses salariés. Sanction : 30 000€ d’amende.
- Cas d’un particulier ayant installé un traceur GPS sur la voiture de son ex-conjoint: Condamnation pour atteinte à la vie privée avec 6 mois de prison avec sursis.
Depuis l’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) le 25 mai 2018, il n’est plus nécessaire de déclarer à la CNIL l’utilisation de systèmes de géolocalisation des employés. Cependant, certaines obligations demeurent afin d’assurer la conformité avec la réglementation.
Voici les 5 étapes essentielles à suivre pour respecter le cadre légal :
1. Vérifier si la désignation d’un Délégué à la Protection des Données (DPO) est requise
Certaines entreprises ont l’obligation de nommer un Délégué à la Protection des Données (DPO). Si votre entreprise en dispose, sollicitez-le pour vous accompagner dans la mise en place d’un système de géolocalisation conforme. Son rôle est d’assurer la protection des données et d’aider l’entreprise à respecter les exigences du RGPD.
2. Réaliser une Analyse d’Impact sur la Protection des Données (PIA) si nécessaire
Avant d’implémenter un système de géolocalisation, il peut être nécessaire d’effectuer une Étude d’Impact sur la Vie Privée (PIA), notamment si la collecte des données est susceptible d’engendrer des risques pour les employés. Cette analyse repose sur :
- Le respect des droits et principes fondamentaux définis par la loi.
- La mise en place de mesures de sécurité pour protéger les données contre tout risque d’abus ou de fuite.
3. Inscrire le dispositif de géolocalisation dans le registre des activités de traitement
Toutes les données collectées par votre entreprise, y compris celles issues d’un traceur GPS, doivent être documentées dans le registre des traitements tenu par votre société. Ce registre permet de garantir la transparence des traitements de données et de répondre aux exigences de la CNIL en cas de contrôle.
4. Informer les employés et les personnes concernées
L’entreprise a l’obligation d’informer les salariés sur l’installation de traceurs GPS et sur les modalités d’utilisation de leurs données.
Cette information doit être :
- Claire et accessible (via une note interne, un avenant au contrat de travail, etc.).
- Délivrée avant la mise en place du dispositif.
- Applicable à toute personne concernée par la collecte de données (par ex. : prestataires utilisant les véhicules équipés).
5. Mettre en place des mesures de sécurité adaptées
La protection des données est une priorité du RGPD. L’entreprise doit adopter des mesures de sécurité proportionnées aux risques liés à l’utilisation d’un système de géolocalisation.
Cela peut inclure :
- Le chiffrement des données GPS pour empêcher tout accès non autorisé.
- Un contrôle strict des accès aux informations (ex. : accès réservé aux responsables habilités).
- Une durée de conservation limitée des données collectées, conformément aux obligations légales.
En résumé
Mettre en place un dispositif de géolocalisation des employés nécessite une approche rigoureuse et conforme au RGPD. En suivant ces 5 étapes clés, vous assurez une utilisation des traceurs GPS en toute légalité tout en respectant la vie privée des salariés.
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